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L’urgence est de ralentir, et ça, les fondatrices du Do Nothing Club l’ont bien compris. Un club pour ne rien faire ? Pas exactement… Nous t’expliquons tout, avec Bénédicte Haillon, sa cofondatrice.

D’où vous est venue l’idée de créer le Do Nothing Club ?

Bénédicte : Avec Marion, nous avons cofondé le Do Nothing Club, en partant d’un constat, il y a maintenant plus d’un an. A l’époque, je travaillais dans des boîtes d’événementiel, de pubs, et de médias… Quant à Marion, elle travaillait au magazine Elle, et nous nous sommes rencontrées chez Paulette Magazine. Ces milieux sont très prenants, avec des rythmes dingues !

Du côté de notre vie personnelle, nous ne prenions pas le temps. Et même sans enfants, nous étions tout le temps en train de courir ! C’est une vie très citadine, où il faut sans cesse courir après la dernière expo, le dernier restaurant en vogue. Au bout d’un moment, nous avons atteint un trop plein.

Nous avons vécu une prise de conscience par rapport à notre mode de vie. Il était effréné et irréfléchi, jusqu’à se répercuter sur notre consommation. Tout est lié, il faut commencer par ralentir, faire une pause. Si tu ne te prends pas le temps de réfléchir, tu ne te poses pas des questions sur ta consommation locale par exemple, et tu prends des plats rapides. 

Aujourd’hui, nous développons plus de technologies pour passer moins de temps au bureau, pourtant rien n’est fait, nous y passons toujours autant de temps ! Or il est urgent de réduire les burn-outs….

Qu’est ce que ne rien faire ? Le Do Nothing Club est-il vraiment un club pour ne rien faire ? 

Je vais prendre l’exemple d’une journée type, un dimanche. Si tu as envie de passer ta journée sur Netflix, c’est ok, tu peux déculpabiliser. Le problème, c’est que nous ne savons plus ce que c’est que de s’ennuyer, alors que c’est juste une pause. Nous avons le droit de chiller !

Et cette pause, elle passe aussi par la réalisation de choses plus gratifiantes : cuisiner, jardiner… Je parle en connaissance de cause car je consommais sans cesse, et je ne savais pas quoi faire d’autre. Mais nous avons le droit de rien faire.

A l’ère de la productivité, nous ne savons plus ce qu’est que “être”. Nous entendons souvent, par exemple, “Tu as fait Bali”. Nous faisons tout mais nous ne sommes plus. Nous devons être plus en conscience.

Vous faites la promotion d’un nouveau style de vie, se rapproche t-il un peu de la dolce vita ?

Exactement ! Ralentir, ça veut dire revenir à l’essentiel. Par exemple, je pratique le yoga. Beaucoup de gens pensent que les yogis ne boivent pas de vin ou autre, alors que non. Au Do Nothing Club, ça nous fait un peu rire car nous ne prônons pas la fainéantise. Nous conseillons plus d’arrêter, pour s’engager. Par exemple en consommant mieux, en redécouvrant son chez soi, en explorant ce dont nous avons besoin pour vivre. 

En termes plus simples, c’est savourer les choses simples de la vie, comme ré-apprendre à cuisiner. comme nous l’avons fait pendant le confinement. Le syndrome de la cabane est très révélateur de la société actuelle. Des personnes ont peur de reprendre le rythme d’avant, et elles n’ont plus envie d’être constamment pressurisées. 

Pour mener à bien votre projet, vous avez créé le Slow journal, comment le décrivez-vous ?

C’est notre média, un blog sur la slow life, bien loin de l’infobésité. Nous publions deux articles par semaine, sur tout ce qui est à trait avec le slow living. Tout est “slow” (ndlr : “lent”) : slow portraits, slow mood, adresses slow, découvertes artistiques… Nous nous définissons comme un mouvement pour ralentir, en réalisant des expériences pour apprendre à ralentir dans des lieux différents, des talks…

Vous partagez beaucoup de posts sur l’idée de ralentir. Pour vous, la société va trop vite ?

Nos besoins primaires sont simples : manger, boire, dormir, avoir un toit au dessus de la tête. Du côté du besoin social, nous allons vite. Par exemple, avant, nous communiquions via le courrier, il fallait attendre l’arrivée de la lettre. Aujourd’hui, si la personne n’a pas répondu dans les dix minutes suivant la réception du mail, nous nous demandons si elle l’a bien reçu!

Nous ne voulons plus attendre, alors nous cuisinons des choses qui ne prennent pas de temps, par exemple. La société nous pousse à faire beaucoup de choses. Si tu veux suivre, tu te dépêches. Alors que non, certaines personnes ont besoin de plus de temps. Elles sont considérées comme faible, mais c’est faux.

Que conseillez-vous pour ralentir, et prendre son temps ?

Pourquoi ne pas commencer par réfléchir sur la consommation, et ralentir sur les sorties ? Si tu en as marre de te comparer aux autres, arrête les réseaux sociaux. Fais le point sur quoi ralentir. Tu peux t’imposer un jour par semaine où tu arrêtes, par exemple en partant plus tôt du boulot. Tout dépend de tes idéaux. Dans tous les cas, tu seras fière de le faire.

Ralentir est un sujet de société. Nous évoquons beaucoup l’écologie, la consommation, le zéro déchet. Nous espérons que le message est fort. De notre côté, nous avons hâte de reprendre l’organisation des événements et revoir tout le monde. En attendant, les live vont continuer sur instagram !

Sur quels aspects de ta vie as-tu ralenti ?

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