Selon une récente étude de l’ifop, 75% des femmes se masturbent*. Il était temps que l’onanisme féminin (p’tit nom scientifique de la masturbation féminine), perde son côté honteux, voire de « sacrilège » ultime. Lora Passuello (notre sexothérapeute) t’en parle en long, en large et en travers…

La masturbation féminine : un péché mortel ?

La science et l’église ont raconté pendant des siècles que la masturbation féminine provoquait (liste non exhaustive) : folie, convulsions, amaigrissement, problèmes visuels, voire même impuissance. Un état d’esprit sociétal insensé qui a perduré jusque dans les années 1950 !

Pire, la masturbation féminine était jugée amorale, contre-nature. Elle est donc vécue encore aujourd’hui pour trop de femmes comme « honteuse », « dégoûtante  » voir même « sale ».  Ahhh, lignée transgénérationnelle féminine quand tu nous tiens !

La masturbation féminine est vécue encore aujourd’hui pour trop de femmes comme « honteuse ».

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La masturbation féminine : un vrai tabou dans le couple

La pratique est encore trop peu assumée, car elle est perçue par la femme et/ou par le partenaire comme une trahison. C’est plus « jouissif » que les pratiques à deux, ce qui pourraient remettre en question la vie sexuelle du couple. Et cela concerne près de 50 % des femmes qui se caressent et jugent que leur pratique est un sujet tabou. Elles n’osent pas confier leur plaisir solitaire à leur partenaire.

Pour beaucoup d’hommes encore la masturbation est perçue comme « un rival », en solo ou même pendant l’acte sexuel. L’image, complètement fausse, qui leur est renvoyée est leur incapacité à faire jouir.

Mais pourquoi donc maintenir ces tabous ? Pourquoi garder cette idée de sexualité de couple défaillante, de non performance, alors qu’il n’en est rien ? (cf article sur le clitoris).

Beaucoup d’hommes considèrent la masturbation féminine comme « un rival ».

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Reprenons le contrôle de notre sexe… et de notre sexualité !

Je pense que notre rôle est d’expliquer aux hommes notre anatomie, nos désirs et nos envies. C’est à nous de porter haut et fières ce droit au plaisir féminin. Il nous appartient de briser ces fausses croyances pour être plus heureuses et par conséquent d’avoir une relation au sexe et au couple plus harmonieuse. OUST frustrations et peurs !

L’autoérotisme offre de bien trop d’avantages physiques et psychiques ! La masturbation détend, diminue le stress, relâche les tensions sexuelles, renforce les muscles du plancher pelvien, dope les défenses immunitaires et donne confiance en soi. C’est sans compter l’avantage de mieux connaître son corps, ses zones de plaisir et son fonctionnement érotique.

La masturbation développe aussi les fantasmes qui sont des éléments essentiels au désir et au plaisir. Autant d’avantages ne peuvent que déculpabiliser les femmes qui jugent encore la pratique taboue !

Si le tabou persiste, il est important de consulter une sexothérapeute pour ne pas rester bloquer et dépasser les mécanismes conscients/ inconscients qui empêchent d’avoir une vie de femme, dans toute son entièreté épanouie.

L’autoérotisme offre de bien trop d’avantages physiques et psychiques !

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⇊ Masturbation féminine en chiffres (tu vas halluciner 😱) ⇊

Les révolutions féministes et sexuelles ont changé ces croyances et nous ont fait découvrir les mille et une dimensions de la sexualité des femmes, dont celle de la masturbation. L’autoérotisme féminin est aujourd’hui considéré comme une pratique sexuelle courante. OUF, il était temps !

Une étude publiée en décembre 2017 dans « Sexologies », la revue de la Fédération Française de Sexologie et de Santé sexuelle vient de le confirmer. François Kraus, son auteur, y précise les résultats d’une enquête Ifop menée en France auprès de 913 femmes âgées de 18 à 69 ans qui mettent en évidence la généralisation de l’onanisme chez les femmes.

75% des femmes ont déclaré se masturber.

La fréquence varie bien évidemment, passant de tous les jours (pour 2 % des femmes), à au moins 1 fois par mois (pour 11 % des femmes en couple et 21 % des femmes célibataires).

Aujourd’hui, les pourcentages globaux des femmes se caressant se rapprochent de ceux des hommes même si par rapport à ces derniers, elles sont cinq fois moins nombreuses à dire qu’elles se masturbent presque chaque jour (2 %). L’onanisme est encore loin de devenir une composante du répertoire sexuel des femmes aussi ordinaire que dans celui des hommes.

Mais la masturbation féminine se généralise. Elle se banalise tant elle est évoquée au cinéma, à la télé, dans des séries, chansons ou articles de presse. L’accès aisé aux sites pornos, le succès de livres érotiques, la banalisation des sextoys facilitent la chose.

Vive une approche de plus en plus hédoniste et autonome de la sexualité féminine, en rupture avec la vision traditionnellement reproductive.

Cette généralisation se marque chez les femmes célibataires comme chez les femmes mariées. Quel que soit leur statut, en couple ou seule, les femmes sont aussi nombreuses à s’offrir en solo le 7 e ciel. Celles qui vivent en couple sont 13 % à se toucher au moins une fois par semaine et celles qui vivent seules, 15 %.

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Hyper épanouie
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2

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1 Commentaire
  1. Avatar
    13/06/2019 Réponse
    Marianne

    Agée de 68 ans, je me masturbe régulièrement, à la maison ou dans la nature, il est vrai que je ne porte jamais ni culottes ni soutien gorge, on est vraiment à l’aise

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