Ma bouleversante vie de femme


Photo by Priscilla Du Preez on Unsplash

Nous l’appellerons Clothilde*. Une femme d’apparence ordinaire qui a vécu une histoire bouleversante. Une jeune femme que rien n’a épargné mais qui reste positive, souriante et combattive. Une maman qui ne se bat plus que pour elle, mais aussi pour son tout jeune garçon. Voici l’histoire de Clothilde. Inspirante, forte, dramatique et pleine d’espoir à la fois…

 » Bonjour à toutes, voilà je voulais juste vous partager mon parcours, juste pour savoir s’il y a des filles qui vivent ou qui ont vécu la même chose que moi. Mais pour ça je dois reprendre mon histoire depuis le début pour vous situer la chose. Je ne veux pas partir dans le mélodrame, ni inspirer de la pitié, loin de là. Ma vie n’a pas été drôle et ne l’est toujours pas. Alors, je vais juste m’attarder sur les faits. Les faits et rien d’autre. Et si je m’égare, je vous prie de m’excuser, c’est juste que l’émotion aura pris le dessus…. Voilà.

Tout commence il a y 35 ans, à ma naissance. Tout se passe bien. Famille moyenne, en banlieue parisienne. Je sais que je suis aimée, mais mes parents ne sont pas dans la démonstration. Je fais avec. Je suis un gros bébé, car ma mère est diabétique. C’était en 1982. 4 ans plus tard nait mon « petit » frère. Je dis petit car, dans les faits, il pesait 5 kg pour 57 cm. Bref, accouchement très difficile. Mon frère a failli y laisser la vie et ma mère a énormément souffert. Pendant les deux ans qui suivent mon père travaille, ma mère pleure mon frère est violet, il souffre de quelque chose. Mais quoi ? Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe. Ce que je comprends, c’est que je n’existe plus aux yeux de mes parents. Des médecins, des kinésithérapeutes viennent à la maison s’occupent de mon frère. Moi, je ne comprends pas ce qui se passe. Mes grands mères se relayent pour me garder.

Photo by Jenna Norman on Unsplash

Puis, mon frère va mieux. Ma mère aussi. Je commence à manger un peu. Je suis boulotte. Je rentre au CP. Je retrouve un semblant de sérénité après avoir subit quelque ralliement à cause de mon poids. Je commence la natation. Ce que j’aime dans ce sport, c’est que quelque soit mon poids je flotte. (Les faits.) Je tombe sur une maîtresse qui me protège beaucoup. Elle doit comprendre mon mal-être, peut-être. Pour elle, je me surpasse à l’école. Je suis la première de la classe. Je suis super fière de moi et de le montrer à mes parents. Mes parents me félicitent. Je continue de grossir tout au long de la primaire, un peu pas beaucoup.

En Cm2, je tombe sur une maîtresse qui fait de l’art plastique et nous demande un devoir au fusain. Je déteste cet instrument. Dès que je le touche, j’en ai des frissons. Bref, je lui rends un travail qu’elle estime « nul ». Et d’ailleurs je me sens « nulle » à l’époque. Je ne suis « que » 2ème de la classe ce trimestre. Je me ramolli. Et là, les faits : je prends 10kg en un mois. Je continue la natation. Paradoxalement, ça m’aide beaucoup. Je suis seule contre moi même. Je fais des compétitions et je suis souvent la première. Mon père vient et m’accompagne à chaque compétition. Ma mère jamais. Pour une gamine de 10 ans mon père s’intéresse plus à moi que ma mère…. Elle préfère faire des courses. Elle achète des gâteaux, que je bouffe en 3 min chrono, quand tout le monde est au lit. Les faits.

Photo by Thomas Kelley on Unsplash

Ma mère s’inquiète par rapport à mon poids. A ces yeux, je deviens une « grosse vache, [je] suis énorme, on dirait une baleine » ou « c’est encore toi qui a mangé le paquet de gâteaux ? Putain, mais arrête de bouffer! ». Les faits. Invités à des apéros, mes parents me tapent sur les mains quand je veux prendre une chips. M’interdisent de me resservir une 2ème fois. Je rentre au collège. Seule solution pour que j’ai un peu d’importance : je suis excellente à l’école.

Puis, viennent les premiers amours…. les premiers râteaux car je suis « belle mais trop grosse. Tu comprends mes copains, ils vont se foutre de ma gueule ». Oui je comprends… Collège avec scolarité parfaite, mais je continue de grossir. Je fais des crises de boulimie. À l’époque c’était pas vraiment pris au sérieux. Fin de 3ème, avant de rentrer en 2nde, ma mère m’envoie en colonie de vacances. Et là j’ai un coup de foudre pour le plus beaux des garçons. Qui semble réciproque. Mais après plusieurs discussions autour du groupe, la plus belle fille de la colonie me dit « quand tu prends le métro, tu achètes deux tickets? ». Tout le monde rigole. Lui aussi. Je rentre amaigrie. Ma mère est ravie. Je vis mes premiers pleurs pour un garçon. Je regrossis.

Crédits : VOLKAN OLMEZ

Et c’est un éternel recommencement. Ma mère, durant les vacances scolaires, m’envoie dans des camps d’amaigrissement. Ça marche. Vite fait. Puis, durant les vacances entre la seconde et la première je repars en colonie. J’avais 17 ans. Première agression sexuelle. Mon moniteur a eu des comportements déplacés et des attouchements. J’en parle à ma mère, qui averti toute la France. Moi toujours à l’étranger avec lui. Il me prend à parti, me dit que je lance des accusations graves, qu’il peut aller en prison à cause de moi etc. Je me rétracte. Je rentre. Je passe mon année du bac. Je devient championne départementale de natation. Les mecs de l’équipe se foutent de mon poids mais voient malgré tout que je suis douée. Puis je me blesse. Gravement. Je dois arrêter de nager. Je m’entrainais 5 fois par semaine pendant 2h30. J’alignais les km. Juste parce que j’étais seule et légère dans l’eau. Mais là, plus de sport. Dégoûtée, la fin de « ma carrière », de ce qui me permettait de m’échapper. Je le vis comme une perte, un deuil à porter. Je le vis très mal. Je grossis énormément.
A la fin de mes années de lycée, j’ai mon bac. Je pars vivre à l’étranger pour m’éloigner de tout ce merdier. Juste avant, je tombe amoureuse d’un mec de 22 ans. Moi 18. Premiers baisers, premières relations sexuelles. Il refuse d’officialiser, car ses potes « ne comprendraient pas » qu’il sorte avec une grosse. Je pars. On s’écrit. Je reviens, j’apprends qu’il me trompe. Qu’il s’est mis avec une autre fille. Je pars à Paris faire mes études. Je veux oublier mon passé.
La fac. Les sorties. Les agressions sexuelles. 11 en 7 ans. Attouchements, exhibitionnisme, etc. Choquée. Je prends une décision. Je vais me faire opérer. Je vais faire l’anneau gastrique. J’ai 21 ans. Je fais 136 kg. Je rencontre un homme que j’aime. On se fiance. En 2 ans, je descends à 85 kg environ. Je reste 3 ans avec cet homme. Puis, j’apprends qu’il me trompe et que sa famille me « trouve trop grosse » pour lui. Il me quitte. Je suis au bout de ma vie. Alors, en réponse à tout cela, malgré mes kilos en trop je sais que je plais. Je me lance à coeur et à corps perdu dans la luxure. Cherchant de l’amour dans le sexe. Et puis, à 24 ans les mecs assument un peu plus de sortir avec des rondes.

1er viol. Je décide de voir un psychiatre. Qui me dit qu’il ne pourra continuer la thérapie, si je ne porte pas plainte. Je ne porte pas plainte. Il est flic mon bourreau… À ce moment je couche avec un peu n’importe qui. J’avoue. Je laisse tomber l’aide psychologique et je décide que ce viol n’affectera en rien mes futures relations. C’est du passé. Je vais m’en sortir. Je continue mes aventures d’un soir. Ça me console l’espace d’une nuit.

Photo by Marvin Meyer on Unsplash

Et puis, je rencontre un homme dont je tombe follement amoureuse. Je ne le savais pas encore, mais c’était un pervers narcissique. Je tombe dans ses bras. Je me marie. 3 semaines après il me trompe. Je l’apprends, je lui dis et je reçois mon premier coup. Le premier d’une longue liste. Quelques mois plus tard, viol n°2. Il me dit que c’est de ma faute. Que je suis trop accessible. Alors, je baisse la tête. Je deviens victime. Je me prends des coups. Il me dit que je l’ai trompé. Je tombe enceinte. Il me frappe tellement, il ne veut pas de cet enfant. Il prend un couteau et me force à me planter. Ce que je fais, sinon il me tuera. Je dois mourir mais ça ne sera pas de sa main, il me fera me suicider. Je garde l’enfant. Il me quitte. Je retourne chez ma mère (mes parents ont divorcé quand j’avais 16 ans). Honteuse, je suis. Elle me dit qu’elle me soutient. Mais en bon pervers qu’il est cet homme que j’aime malgré tout, il me fait revenir. Et je reviens. À ses pieds. Le suppliant de me pardonner. Il continue de me frapper. Parce que je n’ai pas fait à manger à temps. Parce que c’était trop chaud. Ou parce qu’il lui fallait ma carte bleue.

Il m’isole de mes ami(e)s, de ma famille. Je pars en vacances, seule enceinte de 6 mois. Je rentre fatiguée, je le trouve avec une fille au lit. Je pète un câble. Je fais ma valise. Il m’enferme dans la cuisine et appelle les pompiers. Il me fait interner. Je n’ai pas le droit de m’exprimer. Il appelle mes parents qui viennent et voient l’état psychologique dans lequel je suis. Et il leur raconte. Je ne sais quoi. Je n’étais pas là. Mais je suis « folle », selon lui. Selon eux. Et je dois prendre ces cachets, sinon ils m’attacheront et me les injecteront par intraveineuse. Je suis hospitalisée et shootée pendant 3 jours. Je me réveille. Je vois le psychiatre du centre. Je lui explique. Il me dit que je n’ai rien à faire ici, mais que mon mari oui. Il me fait promettre de me faire aider.

Photo by Elly Filho on Unsplash

Je rentre chez moi. Mon mari me frappe encore. Et moi, je reste. Les faits. J’accouche d’un petit garçon magnifique. Je rentre chez « nous » des préservatifs et des bijoux qui ne sont pas à moi. Je ne sais pas quoi faire ni où aller. Un jour je dois aller acheter des vêtements pour mon fils qui est né plus grand que prévu. Je lui demande ma carte bleue. Il part dans une colère noire. Me jette son café brûlant au visage. Je prends une douche il explose la vitre de la douche. Je suis perforée de mille bris de verre. Il mes les enlève un par un. Et s’excuse. Puis, je lui dis que ça ne sert à rien. Je prends le petit dans mes bras. Il me l’arrache. Il a 24 jours. Le jette sur le lit et me frappe. Il part travailler. Je vais voir l’assistante sociale de ma mairie. Elle me dit d’appeler le 15 et qu’elle me trouvera un logement. Je dors dans un hôtel. J’ai tout laissé. Il a pris tout mon argent. J’ai arrêté mes études à sa demande à bac +7. Il me manquait un an.

Je me retrouve en foyer pour femme battues. J’y reste un an. Je rencontre un homme qui m’aide à me reconstruire et qui m’aime pour qui je suis. Il est aujourd’hui mon meilleur ami. Mon fils a 18 mois et je vois que son corps se déforme. Je consulte. 5, 10, 15 médecins. « Il a parlé très tôt, marché très tôt, c’est normal il ne peut pas tout faire ». Mais je sais que ce n’est pas ça. Je le sais au fond de mon coeur de maman. Je trouve un travail. Je trouve un logement. Je me reconstruis doucement et je continue mes recherches avec des spécialistes. Je continue de coucher pour oublier. Au bout de 2 ans et demi de recherches, je tombe sur un médecin qui m’écoute. Il fait passé à mon fils une batterie d’examens. On nous dirige vers l’hôpital necker en génétique. Le résultat tombe. Mon fils a le syndrome de Morquio de type A. Une maladie rare et dégénérative. Il va mourir.

Photo by Ben White on Unsplash

Quand, on ne sait pas. Ils sont 90 en France. Alors, on verra. Je prends 50kg en 3 mois. On m’enlève l’anneau. Mon fils perd ses forces, il a 4 ans et demi. Des qu’il court, il tombe. Je le vois se déformer. C’est une maladie des os qui touche ensuite les organes vitaux. Février 2014, la mort semble vouloir s’abattre sur nous. Avril 2014, il existe un traitement qu’il commence en septembre 2014 et qui améliore et prolonge la vie. Je rencontre quelqu’un. L’HOMME DE MA VIE. Il est chanteur. Sa carrière commence à décoller. Sa mère fait une rupture d’anévrisme. On se laisse. Ce n’est pas le moment. On s’aime, mais j’ai d’autres choses à penser et lui aussi. Malgré tout on s’est dans la peau. On se voit entre 2 tournées…. entre 2 avions. Entre 2 séances de studio.
C’est lui, je le sais je le sens. Il rencontre une danseuse sur sa tournée. C’est plus simple pour lui. On s’est séparé 10 fois, car il estimait qu’il ne serait pas un bon « petit copain », s’il n’était pas près de moi pendant ses épreuves. Et que la vie qu’il avait choisie était la musique et qu’un jour où l’autre je lui demanderai de choisir entre la musique et moi. Comme toutes ses ex l’ont fait jusqu’à présent. Mais que moi si je lui demandais il ne saurait pas quoi choisir. Je lui ai dit que je ne lui demanderai jamais ça. Que sa vie c’était sa musique et que je respectais ça au plus au point. Ça fait 15 ans qu’il travaille pour avoir ce qu’il a aujourd’hui. Il a trompé sa copine des dizaines de fois avec moi, alors que c’est quelqu’un de très religieux. Qui a attendu le mariage pour coucher pour la première fois. Il ne couche que par amour. Il m’a dit que si elle, elle lui demandait de choisir, il pourrait partir tranquillement, car il l’aimait moins que la musique. Les faits. Je vous ai dit que je ne vous dirais que les faits.
Ce n’est pas un fantasme. Je lui ai dit d’aller vivre sa vie et ses expériences et que je serais là. Dans 5 mois, 10 ou 20 ans je serais là, car c’est LUI. Et pour une fois je suis sûre de ne pas me tromper. Mon fils a donc commencé son traitement en septembre 2014. Je pesais 126 kg. Alors que j’en faisais 78kg quelques années avant. Je décide de faire le bypass, pour moi et surtout pour lui. Mon fils. Car, il ne peut pas se mouvoir seul. Ou alors, c’est avec des difficultés. Je fais ma première dépression. J’ai été en arrêt maladie.

Puis, les ennuis financiers ont commencé à arriver. Pas payée à temps. Une fois tous les 36 du mois etc. 3 loyers de retard. J’ai commencé à voir une psy qui m’a prise comme j’étais. Elle m’a fait crédit…. j’ai repris du poil de la bête. J’ai repris le boulot mon fils allait mieux…. en apparence. Bypass en mars 2016. -12kg. Trop énervée. Trop dégoûtée. Septembre 2016: mon fils a besoin d’un fauteuil roulant. 2ème dépression. Anti-dépresseurs, anxiolytique, somnifères. Je passe mes journées au lit. Et je me lève pour l’emmener et aller le chercher à l’école. C’est tout. Le temps que je passe avec lui, on joue, on s’aime, on se parle, on rigole. Mais il n’est pas dupe. Il est très intelligent. Plus que moi. Il est hypersensible. Il sait ce qui lui arrive. Des opérations sont prévues pour sa nuque (tiges pour lui solidifier) et jambes (pour lui remettre droites).

Photo by Daan Stevens on Unsplash

Février 2017 : – 20kg et tentative de suicide de mon fils. Il a essayé de sauter par la fenêtre, alors que j’étais dans la cuisine en train de lui préparer son repas. Je suis arrivée juste à temps. Je vous ai dit que je ne vous parlerai que des faits. Pédopsychiatre, psychologue. Dépression accrue de mon fils. Je ne travaille plus depuis septembre 2016. Les huissiers sont venus. Malheureusement, je suis une dépressive-acheteuse compulsive. Interdite bancaire. Je commence à me prostituer. C’est fou le nombre d’hommes qui veulent coucher avec une grosse. Mon meilleur ami me sauve la peau. Paye mes factures. Je demande une rupture conventionnelle qui est exceptionnellement acceptée. Avec ma prime, je vais pouvoir me remettre d’aplomb.
Mars 2017, je subis mon 3 ème viol. Je l’ai cherché… Peut-être. Conduites à risques me direz-vous. Je suis tatouée, percée de partout, je suis une fille comme ça. Avril 2017 : 120kg. Je me bats. Je suis ma thérapie. Je comprends des choses. Que ce n’est pas ma faute. Je vais mieux. Je dois aller mieux. Je n’ai pas le choix. Quand les gens me demandent comment je fais, je dis que je fais. Je fais ce que je peux, comme je peux, avec ce que je peux. Et je l’aime en fait mon fils. Je l’aime plus que moi. Je ne dois pas flancher. Je dois être son pilier. Mais c’est lui qui est le mien. On ne se rend pas compte à quel point on est fort, jusqu’à ce qu’on soit obligé de l’être. Il est fort. Il est superman. Il est plus fort que superman. Il est un super fils. Qui a retrouvé le sourire.

Il doit changer d’école, pour avoir une scolarité plus adaptée à son handicap. J’espère qu’il sera accepté dans cette nouvelle école. En septembre 2017, il subira son opération des cervicales. Il va être immobilisé pendant 3 mois dans un corset. 3 mois BORDEL. Lui ne veut jouer qu’au foot et rêve d’être Kevin Trapp. Il ne sera jamais grand. Il atteindra peut être les 1m10 avec un peu de chance. Il ne pourra plus bouger sa tête. Je lui répète que l’important c’est pas la taille c’est d’être à la hauteur. Il le sait. Il l’est. C’est moi qui ne le suis pas. Les associations de parents, j’ai essayé, c’est pas mon truc. Soit tu pleures, soit tu compares la maladie de tes enfants avec celle des autres. Je ne veux pas y aller pour l’instant. Et mon fils non plus.

Photo by Ben White on Unsplash

Quand on le regarde avec insistance dans son fauteuil roulant, je lui dis de tirer la langue. Quand on lui demande pourquoi il a un plexus hyper développé, je lui réponds que c’est parce qu’il a de la chance d’avoir le plus gros coeur du monde. Quand il me demande si un jour il aura des enfants, je lui dis que je ne sais pas, mais que je lui souhaite d’avoir un petit garçon aussi extraordinaire que lui. Quand il me demande si un jour il aura 35 ans comme moi, je lui dis un je ne sais pas mais que toutes les années qu’on passera ensemble on fera en sorte que ça soit les plus belles que jamais personne n’a vécu. Quand il me demande si un jour il pourra être gardien de but professionnel, je lui dis que déjà il doit s’entraîner au baby-foot, et que pour l’instant on pourra essayer de faire le nécessaire pour rencontrer Kevin Trapp. Quand il me dit qu’il ne veut pas aller à l’hôpital necker chaque jeudi de sa vie, je lui dis que moi non plus, mais que je serais là, à chaque fois avec lui pour lui tenir la main. Quand il me demande si un jour il ne sera plus malade, je lui dis que je ne sais pas, mais que peut-être grâce à lui, les autres enfants qui ont la même maladie que lui ne le seront plus. Je lui dis que c’est un explorateur….
Les faits. Je fais ce que je peux avec ce que j’ai. Mais je n’ai rien. À part lui. Et lui c’est tout ce dont j’ai besoin. Je me suis calmée niveau sexe, je commence à me rendre compte que ce n’est pas une solution. Que de l’amour j’en ai. De mon fils. Et ça me suffit. Quand je le vois rire, c’est tout ce qui m’intéresse. Alors, certes j’ai besoin d’un homme, pour me soutenir. Mais honnêtement, vous en connaissez vous, un homme capable de supporter mon passé, et la maladie et peut être la mort d’un enfant? Moi oui. Un seul. Et je l’attends.
Peut-être pour rien. Ou peut-être pas. Carpe diem. Je l’aime. Je l’attends. Je vivote en attendant. Je me consacre à mon fils. Les faits. Je me sens seule. Je me sens désemparée, inutile. Et je ne veux pas de votre pitié. Je ne veux pas des « oh la pauvre », non. Les faits. Je veux qu’il guérisse. Alors, ce que je vous demanderais si vous me lisez, svp, pour mon fils et tous les autres enfants que l’on côtoie toutes les semaines que Dieu fait. Participez au Téléthon. Ou devenez médecin. Mais sauvez-les. Ces gosses n’ont rien demandé à personne. Rien. On peut chacun aider à notre façon, à la recherche. S’il vous plaît sauvez-le. Sauvez-les.
*Clothilde est le nom que nous avons attribué à cette lectrice qui a accepté de témoigner et de raconter son histoire. Merci de respecter son anonymat.

There are 5 comments

  1. Mamande

    L’amour pour un enfant nous fait gravir des montagnes sans aucune aide… Si jamais tu lis mon commentaire « Clotilde » sache que tu es forte, tu as toute mon admiration et tout mon respect.

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  2. Jouineau

    Poignant ….je souhaite l accalmie je souhaite la sérénité car la force cette femme l a la résilience aussi …je lui souhaite le pardon …envers elle …pour elle …

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