Témoignage : « Mes doutes comme moteur de ma reconversion »


Notre lectrice Perrine revient avec un nouvel épisode de son aventure de vie. Dans son premier témoignage, elle t’expliquais son projet de reconversion. Aujourd’hui, elle tient à partager avec toi ses moments de doutes et de croyances limitantes qui auraient pu la décourager. C’était sans compter sa motivation et son envie de réussir… Récit par Perrine, lectrice du magazine.

Dans mon premier témoignage, je te parlais de mon envie de réaliser mes rêves et de mon projet de reconversion professionnel dans la pâtisserie, déjà bien entamé. Il est évident que je suis beaucoup plus heureuse aujourd’hui. Je fais quelque chose que j’ai choisi, qui me plait vraiment, et qui s’inscrit dans un projet de vie à part entière.

Mais tout n’est pas toujours « tout beau tout rose » pour autant. Les doutes et pensées limitantes subsistent, et peuvent parfois empêcher de prendre des décisions. Dans mon cas, il m’a fallu du temps pour me décider à m’inscrire en CAP pâtisserie. Je me suis posée 1000 questions sur la façon dont je voulais débuter ma nouvelle vie. Très souvent dans ce genre de situation, on sait ce dont on ne veut plus, mais pas tellement ce qu’on souhaite vraiment. J’ai donc fait pas mal de listes (écrire aide à se projeter), j’ai aussi fait travailler mon imagination sur le thème « Comment j’envisage ma vie dans 1 an ? », mais surtout, je suis revenue aux basiques : de quoi ai-je toujours rêvé ?

Quand je me pose cette question, il y a toujours une réponse qui me vient comme une évidence. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé et envisagé ma vie à l’étranger. Je suis déjà partie 1 an aux USA pendant mes études, super expérience. J’ai toujours dit que je repartirai, plus tard. Enfin libérée de tous les carcans qui me retenaient loin de mes rêves (boulot, relation amoureuse foireuse…). J’ai à nouveau pu envisager cette possibilité.

Effet wahou direct ! Je crois que si j’ai vraiment appris quelque chose sur moi ces dernières années, c’est que me nourrir d’aventures, petites ou grandes, me procure un bien-être intense. Voyager, rencontrer de nouvelles personnes, tester de nouvelles choses, visiter de nouveaux endroits. Quand je m’autorise le jeu et que je nourris ma soif d’aventures, je me sens TROP bien. Et puis bon, je n’ai aucune envie de me retrouver à 70 ans à me demander « et si seulement j’avais osé…», la vie est bien trop courte ! Donc c’est décidé, diplôme en poche, à moi l’ailleurs.

Trimer dans un boulot qui ne te plait pas peut aussi avoir ses avantages. A force, tu sais parfaitement ce dont tu ne veux plus dans le cadre professionnel. Dans mon cas, il était impensable que je continue à :

  • travailler assise sur une chaise derrière un PC toute la journée
  • vanter les mérites d’un truc abstrait auquel je ne crois absolument pas
  • travailler avec une hiérarchie opaque, peu reconnaissante, et dont je ne me sens pas du tout proche en termes de valeurs
  • avoir 15 niveaux hiérarchiques au-dessus de moi qui semblaient tous me dire « reste bien à ta place, n’élève pas trop la voix, sois bien sage et bien obéissante, de toute façon d’où tu es, tu ne peux pas faire avancer les choses »
  • travailler dans le seul but de faire gagner de l’argent, bref ne plus trouver de sens à mon travail

Tout ça m’a permis de prendre conscience que maintenant, je veux faire les choses à ma manière, avec mes valeurs, à mon image. Et quoi de mieux que la création d’entreprise pour cela ? La liberté totale de faire les choses comme je veux, CA ça m’attire grave !! Bon, ça sera dans un second temps, mais clairement ça fait partie de mes projets futurs. Je sais même ce que je veux créer, mais ça, je te le raconterai un peu plus tard.

La partie « travail manuel » a peut-être été la plus compliquée en fait, et elle l’est encore aujourd’hui. L’envie de faire un travail manuel est venu avec l’envie de ne plus être derrière un bureau et l’envie de plus de concret. L’envie de faire quelque chose de beau et de bon aussi, pour les autres, quelque chose qui fasse plaisir. Mais encore une fois, il a fallu franchir plusieurs étapes, surtout mentales, pour me permettre de mettre en marche ce projet concrètement. J’ai lu récemment que douter de soi est normal, sain, et preuve d’une capacité à la remise en question personnelle. On peut donc dire que je me remets en cause. Souvent.

Je me suis notamment demandée comment annoncer à mes parents qu’après avoir fait 5 ans d’études (payées par eux en grande partie), je me lance dans quelque chose de nouveau, en 1 an… Et qui leur aurait potentiellement fait économiser pas mal d’argent dès le départ, si ma « vocation » s’était déclarée plus tôt. En fait, tout s’est très bien passé. Ils avaient été témoins proches et directs de mon mal-être dans mon ancien poste, donc n’ont pas hésité à me pousser dans la voie de la reconversion en pâtisserie. D’ailleurs, le soutien des proches joue un rôle-moteur fou dans ce genre de projet !

En fait, la personne qui m’a mis le plus de bâtons dans les roues, finalement, c’est moi-même. Je me suis dis 1000 fois : « la pâtisserie ? Super ! Mais est-ce que je m’y connais assez pour me lancer ? », ou « La pâtisserie ? Ouais mais tu t’y es mise vraiment depuis 6 mois, comment peux-tu prétendre te lancer là-dedans ? ». Encore aujourd’hui, on me demande souvent « pourquoi la pâtisserie ? C’est une vocation ? ». Comme si ça ne pouvait être que ça en fait. Comme si, se lancer dans ce type d’activité, c’est forcément par passion, depuis toute petite. Ce n’est pas mon cas.

En réalité, j’ai (re)découvert que j’aimais travailler de mes mains pendant mon arrêt maladie, suite à mon burn-out. Je crois que ça a toujours été vrai, mais rien dans la vie ne m’a jamais encouragé dans cette voie-là. Surtout avec mes bons résultats scolaires. Et puis, il faut avouer que les discours et jugements qu’on entend des autres, surtout pendant l’enfance et à l’adolescence, ont la vie dure ! Moi j’ai toujours entendu « tu es maladroite, tu as 2 mains gauches ». Bref, que je ne savais pas me servir de mes mains quoi. Encore aujourd’hui, je doute à ce niveau-là. Je me demande si je suis assez bonne, si je m’entraine assez, si j’y arriverai …

La bonne nouvelle, c’est que je viens de passer mon premier examen blanc et qu’il s’est bien passé. J’ai appris ce matin que je l’ai eu. Ca ne m’a pas empêché de douter et de me comparer aux autres, tout au long de la journée (il y a des jours comme ça…). De ne pas être tout à fait satisfaite de ma note en épreuve pratique. Mais quand je fais un petit flashback de 6 mois, je mesure déjà le chemin parcouru. Tant de progrès en si peu de temps, c’est assez fou. J’ajoute à cela le soutien de mes proches, et je suis reboostée pour aller encore plus loin. Je suis fière de mon parcours, atypique mais qui me ressemble à 200%. Et je suis fière de partager mon expérience avec toi. Si en plus, j’ai pu t’aider à te lancer, c’est le top ! N’hésite pas à partager tes doutes, tes questions ou ton projet en commentaire de l’article, je te répondrai avec plaisir !

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There are 8 comments

  1. Antoinette

    Bonjour les pulpeuses et merci à Perrine de partager son expérience.
    Je me retrouve dans ses aventures en moins jeune ^^. Pour le métier manuel, ça me parle un peu aussi: écrivain…
    Le coming out, c’est-à-dire le moment où tu révèles au monde que tu as changé ou décidé de changer de vie, c’est comme un accouchement: le pire et à la fois le meilleur moment de ta vie (ben oui c’est possible). On est sûr qu’on pourra plus revenir en arrière😉

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    1. Perrine

      Merci Antoinette pour ton commentaire 🙂
      Et oui, la révélation du projet au reste du monde, c’est un grand saut ! Le projet n’existe plus que dans nos têtes, il prend vraiment vie 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. lorralo

    Bonjour, quand je lis ton article, je me reconnais parfaitement en toi. En ce moment je me pose de nombreuses questions sur mon avenir, je suis actuellement étudiante en master scientifique mais je ne me reconnait pas dans ce que je fais et le manque d’intérêt pour ce que je fais me fait me sentir très mal dans ma peau et m’empêche de trouver la motivation pour travailler. J’ai bien évidement peur de décevoir mon entourage, en plus je rentre d’un érasmus que j’ai réalisé au premier semestre, ce qui a coûté beaucoup d’argent. Et comme toi, aussi j’aimerais me lancer dans un cap pâtisserie mais je n’ai pas le courage de tout arrêter… Je suis heureuse de savoir que ça a marché pour toi et ça me donne un peu d’espoir…

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    1. ??

      Coucou ! Merci pour ton commentaire. Tu as essayé d’en parler à tes proches ? Je suis sûre que tu serais surprise de leurs réactions. Moi je l’ai été avec les miens, je me faisais une montagne du truc et en fait ils ont très bien compris. Dans tous les cas, c’est super important de faire quelque chose que TU as choisi, qui te plait à TOI, c’est quand même de TON avenir qu’il s’agit 🙂 Quant à ton ERASMUS… c’est un super atout pour ta vie future, qu’elle quelle soit !! Ne regrette pas tes choix, au contraire, ils t’ont permis d’être là où tu es aujourd’hui. Maintenant que tu as conscience que cette voie n’est pas pour toi, commence à envisager autre chose, sans te mettre la pression. On a le droit de se tromper et de recommencer, surtout de nos jours, et c’est ça qui est bien 🙂 Plein de courage en tout cas, et n’hésite pas si je peux t’aider. Bises

      Aimé par 1 personne

  3. Jouineau

    Une très belle aventure dans laquelle il faut se lancer avant d avoir un port d attache une famille avec ce que cela induit en organisation en temps en argent je suis heureuse pour vous et votre choix je salue votre détermination on a qu une vie explorez la comme vous savez le faire en visant la lune on peut atterir dans les étoiles …continuez de vous ecoutez encore mille bravos et merci de partager votre expérience qui pourra j en suis surr en «réveiller» d’autre. Bien à vous

    Aimé par 1 personne

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